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Propos de Juan Franco di Menozi de Finize.

Béovar, Jeudi 29eme Jour du mois griffon en cette année 1014,

Je suis, comme beaucoup de la Guilde des Marchands, arrivé par bateau en remontant le fleuve Altaï. Béovar était coincé entre Brangatia et l’Ostrie en Rochelion. J’étais venu dans cette cité commerçante à la croisée des chemins afin de vendre quelques pierres précieuses provenant des montagnes de Bargard et assister à un événement historique attendu par nos différents peuples de Galaté. On nous promettait la fin de la guerre suite aux échanges entre les belligérants des quatre royaumes afin d’arriver à un accord sur un armistice final avec Brangatia. Mais cela semblait encore bien loin alors que le front n’était qu’à quelques lieux dans les marches du Nord. On annonçait même que plusieurs seigneuries de Tourbevoie avaient disparu, effacé par le néant. L’alchimagie paraissait encore être le fruit de cette inquiétante disparition. J’arrivais dans une cité meurtrie où il ne fallait qu’une étincelle pour que les différentes communautés et ethnies se déchirent…

Ici, la population locale possédait ses rites ancestraux, ses habitudes. Elle faisait front en un seul ensemble cohérent méprisant le voyageur ou le migrant. Le meilleur exemple reste ce joyeux festen dont je ne pus qu’apprécier que les rires lointains. Être de Béovar n’entendait pas être pour autant Aagmarites.

Au centre de la cité, sur la place de ville trônait la célèbre statue des deux jumeaux Valtava. Ces enfants des géants étaient le symbole de la scission de l’ancienne grande Horde du Nord. Il y avait aussi une belle tour où on pouvait rencontrer hommes de sciences, astronomes et herboristes… La cité était connue aussi par la présence d’une grande devineresse, d’une Pythie d’une réputation dépassant les frontières. Béovar reste cette cité au carrefour des civilisations et des royaumes, véritable poumon économique et point de départ du transport fluvial de marchandises provenant des peuples kelts ou des contrées Aagmarites. La ville est gérée comme une cité franche bien loin de la politique du royaume d’Aagmard. Elle pourrait même être l’exemple d’une cité souveraine indépendante. D’ailleurs beaucoup de locaux ou de drapeaux annonçaient « Béovar, cité Libre ».

J’allais rejoindre le quartier des joailliers Braggianni fortement présents dans la ville et essayer de faire de l’ombre aux affaires du Cercle Vaargardien, Guilde concurrente de marchands Aagmarites et en pleine expansion.
Mon contact de la guilde semblait soucieux face aux pressions qu’il recevait. Il avait la peur au ventre et la disparition soudaine de l’épouse Maria de viscontione, elle-même d’origine de Brangatia, l’inquiétait au plus haut point. On m’avait parlé de l’épouse du Boendr de Béovar car elle avait un jardin d’agrément dont beaucoup d’apothicaires me vantaient les mérites. Mais il y avait aussi autre chose dont il ne pouvait parler à un étranger à peine arrivé.

Un détail insignifiant ! Alors que je traversais la ville, je vis le pigeonnier principal rempli de pigeons entassés, morts.
En cette fin de journée, il s’est suivi un tournoi de trollball où les délégations des royaumes avaient choisi leurs meilleures fines lames de tout Galaté. La foule acclamait ses héros et rechignait à apprécier le beau geste de leurs ennemis. Argos s’est même amusé à vouloir participer à ce tournoi. Les vainqueurs furent les plus brutaux et les moins stratèges. Il n’y avait aucune délicatesse ou esthétique comme celle réputée que nous pouvions voir chez les spadassins de Castel Caridian. Victorieux, le royaume des fjords choisit un jarl des iles du Ponant pour recevoir le titre de Godi des Marches du Nord ainsi qu’une somme coquette de 1000 doublons d’argent provenant de la trésorerie personnelle du Boendr de Béovar.
Je tiens à rajouter aussi que je me suis fait agresser par des kelts à l’humeur exécrable mais cela semble être commun chez ces sauvages.
Béovar était une cité surprenante aux multiples facettes. Dans la nuit étoilée, au milieu d’une veillée, il m’a fallu croiser un faune pour me dire que cette cité regorgeait d’étrangetés.

Vendredi 30eme Jour du mois griffon en cette année 1014,
Je me suis arrêté auprès du Grand Hall du Boendr endeuillé afin de présenter mes différentes références en qualité de Joaillier. Le Boendr semblait captivé dans ses pensées, absent. On m’a dit qu’une procession funéraire allait être organisée dans la soirée. Je suis passé à la grande bibliothèque de la guilde des scribes et des lettres. Il y avait des livres et des parchemins à foison. L’entrée était réglementée suite à des vols. J’ai ensuite continué vers l’arène où se déroulait un duel entre guerriers Aagmarites que l’on nommait ici « L’heure des Braves ». Encore une habitude locale, un guerrier offensé faisant face à un autre guerrier du même clan. Le sang devait couler !

Ce Matin, à l’hospice, j’ai vu un homme s’emporter sur ses soigneurs dans une frénésie incomparable…J’ai remarqué la terreur dans les yeux des médecins face à l’incompréhension des symptômes. D’autres barbares Kelts sont arrivés avec une vive douleur, une perte d’énergie et une perte de mémoire. On m’a parlé ici de poison versé dans la nourriture de leur délégation. Certains parlaient de la peste ou la putréose…
Mais encore, j’ai vu une troupe de chevaliers questeurs, provenant de Rochelion, arriver dans la cité…Ils ont essayé d’imposer les directives du roi Théophilias auprès des délégations présentes. Pour eux, l’hérésie doit être pourchassé au-delà des frontières et que l’alchimagie doit être combattu surtout en ces temps d’incertitudes et de montée de l’utilisation d’Alchimagie.
Béovar était connu pour être un lieu d’idolâtrie de statues provenant du passé et ayant encore une résonance culturelle pour ceux du Nord. C’était aussi un terrain propice à des lanceurs de sorts ou des militants de la cause anarchique. Il semble que l’ordre de l’étoile avait donc choisi de faire le nécessaire pour que rien ne puisse être source d’agitation si proche d’un armistice mais aussi si proche de leur Royaume.
J’ai appris dans la journée que cette compagnie fut victime de l’acharnement de certains de ces sauvages du Nord. C’est impardonnable pour Rochelion !
J’espère qu’il n’arrivera pas la même chose à notre élite strigendo et nos frères inquisiteurs présents.

En périphérie de la ville avait été dressée la tente du Comti de Brangatia, Dimitrio Farba venu présenter les directives de Sébastiano Acta, dernier Marquisi de sa cité. Il n’avait qu’une petite délégation à ses côtés. Il venait en paix auprès du Boendr.
Non loin, J’ai aussi aperçu la tente des Matriarches d’Argos et de la tyrannique Valéniar Drakerass connue pour ses méfaits sur le front et à Rochebois. On dit d’elle qu’elle a réussi à effacer plusieurs seigneuries au Sud de Tourbevoie, qu’elle dirige un Kraken sur la Mer de Braise…Qu’elle pouvait provoquer l’effroi juste d’un clignement de ses yeux.
Dans l’après-midi, des ruines furent découvertes au Sud de Béovar. Un autel représentant les douze constellations de notre voie lactée. Un astronome m’affirma que cet installation était sous l’égide de l’étoile d’Harda de la constellation du Corbeau. Il m’indiqua qu’il ne fallait pas trop trainer dans les bois en raison de groupes d’écorcheurs de Brangatia totalement perdus dans les affres de la guerre.
Une première réunion pour l’armistice s’est déroulée sous la Hall du Boendr et il semble que les différents protagonistes restaient chacun sur leurs positions. De plus, diverses troupes commençaient chacune à se rapprocher des frontières de Brangatia, de l’Ostrie ou de Vangaard. La tension paraissait monter d’un cran vers une guerre mondiale.

De plus, il fut décrété par le thing, Un blocus sur le fleuve de l’altaï et aux limites des terres de Béovar. Toutes ressources alimentaires furent bloquées …On ne sait pas si cela avait été voté par les jarls du Hall ou le Boendr mais cela commençait à créer des tensions dans les différents groupes présents et sur les étals des marchands. Béovar et ses habitants voulaient jouer un rôle dans cette période historique…
A ce même moment un chêne majestueux s’est mis à pousser d’une manière fantastique…en plein milieu de la cité, attirant foule de curieux. On m’avait relaté cette histoire manuscrite à la bibliothèque d’un jeune couple de béovar qui avait planté par le passé une graine en ce lieu…J’ai couru vers le jardin d’agrément non loin du Hall espérant trouver une plante identique…Hélas, ce jardin avait été pillé et vidé de toute sa substance. Comment avaient-ils pu faire cela alors que Maria de Viscontione n’était même pas enterrée. J’avais honte !
Dans la journée, j’ai aussi aperçu un groupe d’archers masqués de métal que l’on nomme « les corax ». Ils avaient dressé un autel pour symboliser leur siège de confrérie sur les hauteurs de Béovar. Leur réputation n’était plus à faire depuis qu’ils étaient présents sur le front et face à Argos.
En début d’après-midi, une maladie étrange commença à toucher les camps de toiles…On crachait partout du sang ajouté à des vomissements. Les malades commençaient à s’accumuler aux portes de de la guilde hospitaliers et de l’hospice des croix de gueules. Incompréhensibles…La maladie, les vomissements, une toux sanglante…Certains patients s’emportaient dans une rage sans nom…avant de s’effondrer de fatigue. On commençait à dénombrer plusieurs « nouvelles » maladies dans ce même lieu.
Mais aussi, des kelts se retournèrent contre leurs frères…On parlait d’une folie liée à une pierre blanche trouvée dans un ancien cairn d’origine Kelt. D’autres clans avaient choisi de s’opposer clairement aux directives des peuples des plaines en choisissant de s’afficher mercenaires au plus offrant et de s’opposer à la redistribution de terres d’Ostrie difficilement gagnées par le passé.

Ce soir, un mal ronge la délégation Aagmarite. Une frange de ses hommes a choisi Stieg le trois fois maudit comme unique roi d’Aagmard. La guerre civile s’étend ! Des Lycans sont apparus dans leurs rangs et des traces de damnation marquent les regards de leurs fidèles….Tous n’ont pas choisi de s’écarter du roi disparu. Certaines rumeurs affirmaient même que des traces de sa survie avaient été trouvées.
Pour clôturer cette soirée, rien ne pouvait arrêter le Boendr pour honorer son épouse et ce fut une immense procession aux deux cent flambeaux qui se mit à cheminer vers un ruisseau, lieu de sa première rencontre avec Maria. Ici, l’ambiance était solennelle et soudain j’ai ressenti un froid glacial me traverser….Je sentais que les étoiles nous accompagnaient à ce moment.

Ce samedi, 31eme jour du mois du griffon en l’année 1014
Tôt ce matin, des cueilleurs herboristes ont découverts des creusets remplis d’une substance étrange. L’un d’eux s’est effondré dans une forme de léthargie. Du sang se dégageait de sa bouche.

Une autre réunion pour l’armistice s’était mis en place…Le même statu quo…Rochelion envisageait de libérer le condottiere de Brangatia. Braggia parlait aussi de libérer certains territoires des derniers signioris de Brangatia comme Castel Anjou. A ce même moment le boendr s’effondra sous le poison…Un attentat ! On chercha longtemps le porteur de ce vin mortel. Cette fin tragique ne fut pas sans créer une confusion entre les jarls de Béovar mais aussi certains prétendants à vouloir libérer la cité du joug des puissants nobles des fjords. Il semble même que certains kelts ont profité de ce chaos pour pouvoir bénéficier de terres plus au Nord.
En plein midi, la maladie refaisait, de nouveau, surface… Ils venaient de partout, plus d’une soixantaine de malades remontaient vers la place principale afin de se faire soigner. Le nombre de malades violents s’amplifia et je sentis que la frénésie et le chaos commencer à prendre le dessus sur l’ordre. L’inquiétude grandissait parmi la population mais aussi dans les rangs des voyageurs.
Dans la journée, j’ai vu arriver une forte délégation de marchands du cercle Vaargardien. Ils venaient estimer pierres précieuses et autres antiquités. J’avais du souci à me faire sur mon petit commerce. L’autre inquiétude, sur mes petites affaires, était les envoyés de Vésubie qui semblaient tirer les ficelles de la guilde des marchands…Ils étaient partout !

Buvant un verre d’Hypocras à la taverne de l’Ours, on me présenta du doigt un homme du nom d’Osveig. Il était grand et fort. On disait de lui que c’était une légende vivante. A son cou, Il portait une marque runique. On m’a rapporté que c’était la marque des Braves. Beaucoup de gens de Béovar avaient un respect immense pour cet homme dont on chantait la saga.

Dans l’après-midi, un de mes amis de Brangatia m’affirma que l’étrange être « Chimère » était présente en ces lieux…et qu’elle était prisonnière du Marquisi de Brangatia depuis quelques jours. Il y avait beaucoup de choses troublantes autour d’elle. On disait qu’elle était l’incarnation d’une étoile et que son regard empli de compassion soulevait les foules. Son adoration était sans limites pour certains qui commençaient à dresser des stèles ou des lieux en souvenir de son passage. En Côme, elle était adulée par la cour et les nobles.

La rumeur de sa présence s’amplifia et on m’affirma qu’elle fut utilisée comme monnaie d’échange dans les tractations lors de la dernière réunion pour mettre un terme aux négociations de cet armistice. La paix était enfin signée entre Brangatia et le reste du monde. L’Ostrie devait se retrouver totalement libre, le condottiere devait être libéré sous peu, une économie sereine pouvait reprendre…Chimère avait-elle réussi là où personne n’avait pu en trois années de guerre….
Au loin, sur la ligne d’horizon, une longue colonne de migrants d’Ostrie s’avançaient vers la ville…Ils avaient des fourches et des pieux, des armes rudimentaires…Ils voulaient se venger, quoi qu’il en soit, de Braggia mais aussi de cette blague d’armistice ! La faim leur tiraillait le ventre…Des échauffourées commencèrent au pied de la ville…Avant que des hommes de Rochelion se mirent à demander de baisser les armes. L’armistice était signé et il fallait le respecter maintenant !
Au même moment, un rare pigeon m’a annoncé qu’une réunion, pas si secrète, des condottieres des cités était en train de se préparer à Bénizia pour envisager un nouveau condottiere.

Le chêne s’est déplacé cet après-midi. Avançant d’un pas lourd, ses racines s’agrippaient sur le chemin empierré et avançait d’un pas lent vers les ruines au sud.
A la fin du Festen, j’ai aperçu « Chimère ». Pour beaucoup, elle offrait un regard empli de béatitudes. Osveig s’agenouilla face à elle et reçut une imposition des mains comme une bénédiction. Puis je l’ai suivi jusqu’aux statues des Valtava. Elle essaya de nous éclairer sur les deux frères jumeaux : De celui qui se tourna vers les étoiles, et de celui qui choisit d’étudier l’alchimagie. Elle nous emmena ensuite vers les ruines en contrebas de la cité accompagnée de ses proches fidèles sous les bruits d’une musique lancinante. Là-bas se trouvait l’homme arbre enraciné dans l’autel. L’atmosphère de cette nuit étoilée semblait magique et des lumières bleutées tombaient sur les ruines. Une étrange musique monta doucement…Chimère annonçait à la foule présente que c’était sa destinée d’arriver en ce lieu face aux étoiles et que sa vie devait s’arrêter en ce lieu. J’ai retenu cette phrase : « Les hommes nous ont-ils oublié comme ils l’ont fait de Galaté… »

Soudain, de nulle part, a surgi Valéniar Drakerass accompagnée de ses sbires. Elle ne prit pas le temps d’une parole de Chimère et se jeta sur elle. Chimère mourut rapidement sous les coups d’une dague et de sombres incantations de Valéniar. La matriarche ne pouvait que s’enorgueillir de sa mort avant que l’arbre ne se jette sur elle dans un dernier fracas de branches. Osveig, accompagné de quelques autres Braves, avança afin de repousser les hommes du trident qui succombèrent sous le nombre des opposants.

L’arbre se figea de nouveau dans un dernier râle « Harda »…L’étoile du Corbeau. Puis une lumière grandit sous la forme d’une porte d’où certains ont vu des walkyries se diriger vers les Braves et les accompagner vers cette porte menant vers le néant. Dans un grand silence, j’ai vu alors beaucoup de tristesse et d’émotions…Chimère était morte et ma dernière pensée fut tournée vers tous ces êtres venus lui disant adieu dans un profond recueillement.
Chimère partie…son étoile scintilla de nouveau dans sa constellation.

Je crois que je n’ai pas retranscris tous les événements que j’ai pu voir à Béovar mais cette période historique marquait la fin d’une rivalité de trois années et le début d’une entente cordiale face à un ennemi commun : Argos. D’autres ennemis ont aussi vu le jour en ce lieu mais ceci est une autre histoire à vous narrer.

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